Finaliste
Il y a trente ans passé, à une époque où WhatsApp n'existait pas encore et où les appels internationaux coûtaient une fortune, les lettres et les cartes postales étaient à leur heure de gloire.
Ma mère, ma grand-mère et ses sœurs entretenaient une correspondance régulière. Pourtant, chacune analphabètes, elles étaient privées de l'usage de l'écriture et maîtrisaient peu la langue française. Elles faisaient alors appel à des voisines, des nièces ou à des écrivains publics pour mettre leurs mots sur le papier.
Leurs lettres prenaient souvent une tournure poétique, empreinte de formules convenues, parfois éloignées de leur langage intime de mères, de filles ou de sœurs. C'était pourtant ainsi qu'elles se transmettaient des nouvelles, qu'elles maintenaient le lien malgré la distance.
Cartes de vœux, félicitations pour une naissance, ou simples messages pour rappeler à l'autre qu'on ne l'oubliait pas.
J'ai mêlé cette archive intime et familiale à des images du Maroc d'aujourd'hui. Certaines photographies semblent figées dans le temps et auraient pu être prises à cette époque. D'autres témoignent des transformations, des évolutions, et révèlent les anachronismes d'un monde qui n'existe plus tout à fait.
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